Alex Montesinos, physiothérapeute oncologique : « Notre objectif est de faire en sorte que les enfants puissent reprendre leur vie quotidienne dans les meilleures conditions possibles »

La physiothérapie oncologique est une spécialité qui traite les effets d’un processus oncologique, qu’il s’agisse d’une chirurgie, d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie, par exemple. Son principal objectif est d’améliorer la qualité de vie des patients. Mais le travail d’un physiothérapeute oncologique va au-delà du traitement des effets de la maladie, il comprend également un important travail d’éducation, de prévention et de suivi. Dans le cas des enfants, le défi est encore plus grand. « Nous essayons de leur permettre de redevenir des enfants. Ce sont des enfants atteints d’une maladie, mais ce sont toujours des enfants. Notre objectif est qu’ils puissent reprendre leur vie quotidienne dans les meilleures conditions possibles », explique Alex Montesinos, physiothérapeute spécialisé en oncologie qui collabore avec la Fondation Xana.

Qu’est-ce que la physiothérapie oncologique ?

La physiothérapie oncologique est une branche de la physiothérapie qui traite les patients chez qui un cancer a été diagnostiqué, quel que soit le type de cancer et le stade auquel ils se trouvent. Lorsque nous parlons de physiothérapie oncologique, nous pensons généralement au traitement des effets liés au processus oncologique, et c’est exact, mais ce traitement n’est que l’un des quatre piliers fondamentaux de la physiothérapie oncologique. Nous consacrons beaucoup de temps à évaluer correctement les symptômes, la condition physique, l’état fonctionnel, les séquelles générales et spécifiques éventuelles et les besoins de la personne. Nous consacrons également du temps à l’éducation et à la prévention des effets secondaires des traitements qu’ils suivent ou pourraient suivre. Nous donnons des conseils sur le traitement qu’ils vont recevoir, nous encourageons un mode de vie sain et nous incitons le patient et sa famille à jouer un rôle actif dans son rétablissement.


Comment la physiothérapie oncologique peut-elle aider dans un processus de maladie ? Quels sont ses principaux avantages ?

La physiothérapie permet d’aider avant, pendant ou après le processus oncologique, quels que soient l’âge, le type de cancer, le traitement reçu et les effets présents ou futurs qui peuvent survenir. Un traitement personnalisé pour chaque patient contribue à améliorer, entre autres, la force, la résistance, la stabilité, la coordination, l’humeur, les fonctions et la douleur. En définitive, la physiothérapie est bénéfique directement pour le patient et indirectement pour la famille, améliorant ainsi la qualité de vie des enfants ou des adolescents afin qu’ils puissent à nouveau rire, s’amuser et passer du temps avec leur famille et leurs amis.


Qu’apporte la physiothérapie oncologique aux enfants en particulier ?

Ce sont des enfants atteints d’une maladie, mais ce sont toujours des enfants. Notre objectif est qu’ils puissent reprendre leur vie quotidienne dans les meilleures conditions possibles. Nous essayons d’adopter une approche proche, humaine, mais aussi amusante et agréable, quel que soit leur âge.


Quand vous êtes-vous spécialisé en physiothérapie oncologique infantile et pourquoi ?

J’ai commencé à m’y intéresser lors de ma troisième année d’université. Au départ, je m’étais orienté vers la physiothérapie sportive. Mais ma mère travaillait comme infirmière dans le service d’oncologie infantile d’un hôpital. Cela m’a amené à me demander si la physiothérapie pouvait être utile dans ce domaine. D’autre part, j’avais toujours travaillé avec des enfants, comme animateur de colonies de vacances, professeur de judo… J’ai toujours aimé être avec les enfants et les adolescents… J’avais toujours travaillé avec des enfants en bonne santé et je n’étais pas sûr de pouvoir le faire avec des enfants malades. C’est pourquoi j’ai été bénévole pendant trois ans dans le service d’oncologie pédiatrique de l’hôpital Vall d’Hebron, pour savoir si j’en aurais été capable. Et la réponse m’a surpris : non seulement j’en étais capable, mais j’ai aussi vu que les enfants et les adolescents souriaient et qu’ensemble, nous avions plus de moments amusants et heureux que tristes, même si (je ne vous le cache pas) le premier jour a été très difficile pour moi. Grâce à cette curiosité, tout au long de mes études, j’ai fait des travaux, des recherches d’informations, etc. sur la physiothérapie dans le domaine de l’oncologie infantile. J’ai réalisé mon projet de fin d’études sur les bienfaits de la physiothérapie et de l’exercice physique pour les enfants hospitalisés atteints d’un cancer. Par la suite, j’ai suivi une formation en physiothérapie oncologique pour les patients adultes, en oncogériatrie et en oncologie infantile.

À quoi ressemble une séance pour enfants ?

La première chose que nous faisons est de parler avec l’enfant et sa famille, puis nous procédons à une évaluation spécifique des séquelles et à une évaluation générale de l’état physique. Si nécessaire, nous réalisons également une cartographie de la douleur ou des séquelles. Notre priorité est de réduire la douleur et d’améliorer les fonctions afin d’obtenir une meilleure qualité de vie. Nous commençons ensuite un traitement plus spécifique des muscles et/ou des structures touchés. Après cela, une brève réévaluation peut être effectuée pour voir s’il y a une amélioration de la force, de la stabilité, de la mobilité… Enfin, quelques conseils simples sont donnés à la famille afin qu’elle puisse travailler tout au long de la semaine avec son fils ou sa fille, améliorant ainsi ses fonctions au quotidien.

Ce service est-il accessible à tous ?

À l’heure actuelle, il est malheureusement difficile pour les enfants de bénéficier de ce type de service à une fréquence optimale en dehors de l’hôpital. Lorsque le patient quitte l’hôpital, il ne bénéficie pas du même suivi que lorsqu’il est hospitalisé. Si la famille décide de recourir à une rééducation privée, chaque séance coûte environ 40 € ou plus, ce qui rend difficile une fréquentation régulière si la famille n’en a pas les moyens. C’est pourquoi le rôle du physiothérapeute dans les associations et les fondations est si important. Malheureusement, malgré les bénéfices qu’ils apportent et l’amélioration de la qualité de vie des enfants et des adolescents, il y a toujours un manque de physiothérapeutes dans le secteur tertiaire. Néanmoins, je suis très heureux et enthousiaste que la Fondation Xana en ait un et que ce soit moi.